Suppléance : le livre noir de la Fep

La Fep adresse au ministère de l’Éducation un florilège de témoignages de maîtres délégués du privé. Éloquents, ils attestent de la précarité de ces personnels pour lesquels l’enseignement catholique demande, de longue date, une évolution des modalités de gestion.

 

« Catapulté devant élève sans aucun préalable », « en burn-out après avoir dû m’intégrer dans 20 écoles en 6 ans », « comment garder passion et motivation sans sécurité de l’emploi ni espoir d’évolution ? » Voici quelques unes des paroles de suppléants collectées dans le livre noir des maîtres délégués dans le privé, édité par la Fep en novembre 2017.

Ces trente pages de témoignages illustrent la précarité de ces personnels qui représentent 18% des enseignants du privé –quatre fois plus que dans le public. Sous rémunérés, victimes de retards de paiement, flexibles et adaptables à merci, peinant parfois à obtenir des contrats en bonne et due forme, ils y assurent des remplacements en ne bénéficiant souvent d’aucune formation ni d’accompagnement, ni garanti d'emploi.

La Fep a adressé cet ouvrage au ministère de l’Éducation pour exiger que le groupe de travail dédié à cette question reprenne ses travaux en vue d’une évolution rapide des méthodes de gestion des suppléant. Elle milite pour que ces dernières soient alignées sur celles qui prévalent dans le public mais aussi pour la réduction drastique du nombre de délégués du privé.

Le syndicat assortit cette demande d’une série de préconisation pour mettre en œuvre une politique des ressources humaines visant à résorber cette poche de précarité scandaleuse. Il propose de combiner augmentation des postes au concours, possibilité de contractualiser sur liste d’aptitude et création d’un corps de titulaires remplaçants. Il préconise aussi d’améliorer et de clarifier la gestion du mouvement, notamment en créant des comités techniques académiques pour l’enseignement privé.

 

En plus d’une rémunération décente –qui ne soit plus calculée sur la grille des maîtres auxiliaires, abandonnée depuis 10 ans dans le public- et qui englobe les vacances, il fait valoir l’urgence de rétablir les droits de ces personnels, en imposant par exemple aux employeurs de motiver le non-renouvellement de leur contrat.
La nécessité d’en finir avec la gestion chaotique de ces maîtres apparaît en effet d’une cruciale évidence alors que le recrutement enseignant sort à peine d’une période de turbulence importante.

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